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Le Domaine du Rayol, le jardin des Méditerranées

   
Auteur : Sonia Lesot
Photographies - Illustrations : Henri Gaud
Editeur : Gaud, collection « Regards »
Date de dépôt : mars 2008

Situé au pied du massif des Maures et détenteur du label « jardin remarquable » décerné depuis 2004 par le Ministère de la culture et de la communication, le domaine du Rayol, le jardin des Méditerranées* au Rayol-Canadel (Var) a été acquis en 1989 par le Conservatoire du littoral, après quinze années d'abandon. L'aménagement de ce site établi sur la côte, plongeant jusque dans la mer, avec vue sur les Iles d'Or (Iles d'Hyères) et d'une superficie de 20 hectares, a été confié à Gilles Clément, paysagiste de renommée internationale ou plutôt jardinier, comme il préfère se définir, qui signe d'ailleurs la préface de cet ouvrage. Il a aménagé ce jardin pour témoigner de la richesse des flores du climat méditerranéen à travers une « collection de paysages ». Afin d'en comprendre l'organisation et la philosophie, Sonia Lesot (déjà auteur dans la même collection « Regards » des livres « Orsan, des jardins d’inspiration monastique médiévale », « Chenonceau, des jardins de la Renaissance », « Les jardins de Valloires, de la plante à la planète » et « Le Marquenterre en baie de Somme ») le présente suivant les différentes régions du monde sujettes à ce climat et surtout le travail des jardiniers chargés de mettre en œuvre les idées de Gilles Clément. Celui-ci a imaginé un index planétaire ouvert sur les régions du monde biologiquement semblables, le biome méditerranéen (mosaïque d'écosystèmes : forêt, matorral et steppe), avec pour objectif une meilleure compréhension de leur fonctionnement et de leur évolution. Dans ce dessein, pas d'étiquetage en place mais des animateurs nature et des jardiniers pour expliquer le site, l'écologie, la biodiversité, les climats, l'action des hommes et bien sûr les plantes. A la suite du plan du domaine permettant d'apprécier l’organisation des différents jardins et le maquis serpentant parmi ceux-ci, Sonia Lesot retrace l'histoire du site marqué par la présence de sources. D’ailleurs, le Rayol est un nom issu de « raïo » signifiant « l'endroit où l'eau jaillit ». Après l’achat du terrain en 1909, l'homme d'affaires parisien, Alfred Théodore Courmes, fait construire par l'architecte Guillaume Tronchet sa résidence comportant la ferme, le bastidon, le cochonnier, la maison (futur « hôtel de la Mer ») puis le Rayolet. Le jardin accueille rapidement des plantes exotiques. En 1940, le domaine devient la propriété de la famille Potez. La villa est agrémentée grâce à l'architecte Raoul Minjoz d'une loggia, d'une nouvelle aile et d'un jardin « Art déco ». Jacques Chirac vivra ici durant la guerre, son père François, étant le directeur financier d'Henri Potez. Le jardin comptant alors 400 espèces exotiques était entretenu par 12 jardiniers. En 1949, sont construits la Maison de la plage et les grands escaliers structurant encore aujourd’hui les jardins. Dès 1974, le domaine est racheté par la Mutuelle d'assurances du corps sanitaire français et la nature y reprend ses droits. Il sera sauvé grâce à l'association « Les amis du Rayol » qui conduira le Conservatoire du littoral, se basant sur l'avis de Gilles Clément, au rachat et à l'aménagement du site. Outre l'histoire, Sonia Lesot revient en détail sur le Conservatoire du littoral, l'ADORA (Association pour le domaine du Rayol) assurant la gestion du site et ses animations, le climat méditerranéen, le feu, la sécheresse, l'eau, la douzaine de jardiniers avec toujours un regard attentionné qu'elle porte sur le site.

Les photographies d'Henri Gaud permettent d’apprécier à leur juste valeur les différents éléments des jardins dans leurs formes, textures et couleurs comme la pergola, les calades, les constructions (la ferme, la pergola, l'hôtel de la mer ou le puits) et bien sûr les plantes telles que Banksia, Grevillea, Protea eximia, la fleur verte du Puya alpestris ou le Yucca rostrata. Son objectif s'est posé sur des détails fidèlement mis en valeur comme la tige florale de Xanthorrhoea pressii, les couleurs des fleurs des mimosas ou encore le bleu de la Méditerranée. D’autres prises de vue valorisent le travail des jardiniers à l’instar des fragments d’écorce de l’eucalyptus centenaire, volontairement mis en scène à son pied dans une démarche esthétique en raison de leur belle couleur rougeoyante.

Après avoir présenté en détail le jardin méditerranéen avec ses caractéristiques et ses plantes emblématiques (chêne vert, chêne-liège, pin d'Alep, pin maritime, ciste, filaire, pistachier lentisque, cade, bruyère arborescente...), l'ouvrage s'attache à expliquer les différents jardins du domaine : des îles Canaries, d'Australie, d'Afrique du Sud, de Californie, du Chili, de Nouvelle-Zélande, d'Amérique aride, d'Amérique subtropicale, d'Asie subtropicale et le jardin marin (car Gilles Clément a souhaité intégrer la mer dans cette évocation des jardins méditerranéens) se découvrant à partir d'une barque et équipé d'une combinaison de plongée avec un animateur afin de voir plantes, poissons, sables et roches. A chacun de ces chapitres, les plantes les plus caractéristiques sont présentées avec leur histoire, leur répartition géographique, leur emploi et leurs spécificités botaniques. Des photographies argumentent ces écrits et permettent ainsi de mieux connaître la végétation des jardins : agaves, aloès, bambous, céanothes, cordylines (Cordyline australis), cycas, dragonniers (Dracæna draco), érythrines, eucalyptus, figuiers de Barbarie, flax (Phormium tenax), fougères arborescentes, lis des Incas (Alstroemeria), mimosas, vipérines (Echium), yuccas…

Dans la même collection « Regards », vient également de paraître « Jardins & contes de fées au château du Rivau ».

Pour en savoir davantage sur le domaine du Rayol, la lecture du livre « Les jardins du Rayol » de Gilles Clément est également conseillée pour mieux appréhender la richesse de ce jardin pas comme les autres, témoin de différents milieux, édifié sur un coteau et se poursuivant en dessous de la surface de la mer.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur le jardin cité dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur le lien suivant :

Domaine du Rayol, le jardin des Méditerranées



© Conservatoire des Jardins et Paysages / août 2008

 
192 pages - 32.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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