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Mobiles ! des jardins pour un monde en mouvement

   
Auteur : Lucie Paye-Moissinac
Editeur : Conservatoire international des parcs et jardins et du paysage
Date de dépôt : 2007

L'édition 2007 du Festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire* (Loir-et-Cher) s'est déroulée du 28 avril au 14 octobre et avait pour thème « Mobiles ! Des jardins pour un monde en mouvement ». Il s'agit de la seconde édition de ce festival depuis la disparition brutale de son créateur et directeur Jean-Paul Pigeat (1946-2005). L'introduction de ce catalogue rappelle que la mobilité est une notion d’actualité dans un monde en perpétuel mouvement et surtout indissociable des jardins car évoluant avec le temps (croissance, floraison, saisons, fructification, chute des feuilles). L’histoire même de l’art des jardins a scénarisé la notion de mouvement, notamment avec des jeux d’eau ou encore des automates. Le « jardin en mouvement », cher au jardinier, ingénieur horticole, paysagiste et écrivain Gilles Clément, est aussi une des facettes contemporaines de cette histoire. A Chaumont, le thème de la mobilité de cette seizième édition est décliné à travers des artifices et procédés des plus variés (roulettes, mobiles, balançoires, radeaux, hamacs, miroirs) et bien sûr au travers de choix pertinents de plantes. Ce catalogue débute avec le plan localisant les 26 jardins de l’année, lauréats d’une sélection de 200 projets analysés par un jury présidé par Erik Orsenna, benjamin de l'Académie française et passionné de jardins comme en témoignent son passé d’ancien président de l'Ecole nationale supérieure du Paysage et ses livres « Longtemps » (1998) et « Portrait d'un homme heureux, André Le Nôtre, 1613-1700 » (2000). Chaque jardin est présenté sur deux pages et illustré avec une grande photographie et d’un ou deux détails de la réalisation, toujours en images. Les concepteurs sont également mis à l’honneur avec un portrait et quelques lignes retraçant formation et parcours. Ils sont paysagistes, architectes, designers, plasticiens, urbanistes, scénographes, sculpteurs, horticulteurs, dessinateurs, photographes, informaticiens, dramaturges et, bien sûr, jardiniers. Pour en savoir plus sur leurs activités, leurs sites Internet sont indiqués. Ils sont venus de France, mais aussi d’Allemagne, d’Angleterre, de Chine, de Corée, des Etats-Unis, d’Italie, du Japon et de Suède. Les références ayant inspiré ces concepteurs internationaux sont variées : voyage, exploration, immigration, accessibilité aux personnes à mobilité réduite, vent, vitesse, saisons, reflets, course solaire... Comme à chaque année, des aménagements font preuve d’utilisations originales de matériaux comme coquilles d’escargot, miroirs, toiles, gabions, branchages, pots de fleurs Ces jardins sont, comme il se doit, créatifs voire humoristiques à l’instar de « Beat végétation » (jardin 5) des Français Julien Odile, Sophie Barbaux, Francis Cossu et Jean-Hugues Molcard qui dressent un clin d’il à Jack Kerouac, figure de proue de la « Beat végétation ». Ainsi, au sein d’une allée de cannes de Provence, un « combi » Volkswagen avec un toit planté de chanvre (Cannabis sativa ‘Futura 75’) est arrêté par un paysage de pots de terre cuite évoquant les marchés africains et les temples indiens. « Réaction en chêne » (jardin 6) réunit François Delarozière, directeur artistique de l’association « La Machine » (île de Nantes), et le service des Espaces verts de la Ville de Nantes (Loire-Atlantique). Il met à nouveau en scène l’Aéroflorale, la serre volante imaginée pour les 9e Floralies internationales de Nantes (2004), ayant cette fois pour mission de se pencher sur l’avenir de la forêt de la vallée de la Loire en plantant des glands afin d’offrir au public près de 1400 hectares de forêt périurbaine nantaise. Avec « Le jardin des arbres bleus » (jardin 16), Christine O’Loughlin, Catherine Villefranque et Michel Euvé (France) proposent un cortège de branchages anthropomorphes peints en bleu vif sortant d’un bassin. Ces arbres bleus semblent défiler pour investir la parcelle du jardin. Ainsi l’arbre, immobile en apparence semble plus que jamais vivant et mobile, tels les balais de l’apprenti sorcier de Walt Disney. Avec « Arbres plastique(s) sur sol instable » (jardin 17) de l’équipe française APY A, c’est en revanche la couleur rouge qui est à l’honneur avec le feuillage stylisé d’arbres artificiels, réalisé à partir de bâches plastiques de camions poussant parmi les plaques telluriques en mouvement. Le rouge est aussi la principale couleur des tomates dont 57 variétés différentes (pas toutes rouges d’ailleurs) sont à l’honneur dans « Voyage au bout de la tomate » (jardin 4) de la Française Sandrine Feutry. Cette jeune paysagiste diplômée de l’école de Versailles rend hommage à la grande voyageuse qu’est la tomate en l’implantant parmi des échafaudages symbolisant l’évolution dans le temps au sein des massifs d’un jardin en spirale où les différents matériaux utilisés pour le traitement évoque les différents continents : terre cuite pour l’Europe méditerranéenne, bouleaux pour l’Amérique du Nord, ardoise pour l’Europe de l’Ouest Certains des concepteurs sont réputés à l’instar de Fumiaki Takano qui intervient pour la seconde fois à Chaumont après « From sky to earth » en 1997. Ici, avec « Zen’ith » (jardin 19), il propose une réflexion sur le temps à travers le courant de l’eau et le passage du soleil, magnifiés grâce à des calades et une colonnade en bois. Autre personnalité présente en 2007, Jacques Simon, grand prix du paysage 1992 et 2006. Il réalise « Feuilles de route » (jardin 20) en collaboration avec l’Espace naturel de Lille Métropole et Mosaïc, le jardin des cultures* à Houplin-Ancoisne (Nord). Cette parcelle est en effet un hommage à la démarche de concertation à l’origine du jardin Mosaïc, créé avec les différentes communautés immigrées de la métropole lilloise. A Chaumont, ce sont donc des « valises-jardins » entrouvertes qui laissent échapper plantes et souvenirs de civilisations différentes tout en devenant des jardins miniatures. Un bien bel exemple pour illustrer le déplacement.Cette vision du mouvement montre combien la « mobilité » peut inspirer un aménagement. Si cette année le catalogue met assez peu les plans des jardins à l’honneur, il détaille, outre les jardins éphémères, les massifs de l’année dans les allées du festival, les jardins permanents (jardin expérimental, vallon des brumes, sentier des fers sauvages). Quelques plantes du festival sont présentées comme le Cornus controversa ainsi que les principales plantes des jardins (classées par jardins avec leurs appellations scientifique et vernaculaire). Des photographies d'ambiance complètent ce catalogue. Elles ont été prises au fil des allées et du montage. Enfin, est présenté le projet du « Domaine de Chaumont-sur-Loire », né de la loi sur la décentralisation et ayant donné lieu au transfert de propriété du château de l’Etat au profit de la région Centre, sans oublier le rôle de formation et de conseil spécifique à Chaumont. Quant au festival, il a fait des petits : festival des jardins Métis au Québec, Festival des deux rives à Strasbourg (Bas-Rhin), festival des jardins de Cornerstone (Californie, Etats-Unis), festival des jardins de Ponte Lima (Portugal), International garden festival d’Emo court (Irlande). Ce catalogue donne donc envie de se rendre à Chaumont et ce dès 2008 avec un festival qui aura pour thème « Des jardins en partage ».

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Parc du château de Chaumont

Mosaïc, le jardin des cultures



© Conservatoire des Jardins et Paysages / février 2009

 
80 pages - 14.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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