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Dans les jardins des Grimaldi

   
Auteur : Mic Chamblas-Ploton
Photographies - Illustrations : Jean-Baptiste Leroux
Editeur : Chêne
Date de dépôt : février 2009

Depuis le livre « Jardins de Monaco » d’Alain Manigley (Bazzoli, 1990), aujourd’hui épuisé, il n’y avait plus de livre traitant du patrimoine des jardins de la principauté de Monaco, cité-Etat enclavée dans le territoire français, entre les villes de Cap d’Ail, Beausoleil et Roquebrune-Cap-Martin (Alpes-Maritimes), sur la Côte d’Azur. 19 années plus tard, à l’heure où un inventaire de tous les arbres de la Principauté est en cours, il était donc utile de présenter à nouveau le sujet mais, cette fois-ci, plus spécifiquement au fil des jardins des Grimaldi. Le photographe passionné de jardins et de paysages Jean-Baptiste Leroux s’est attelé à cette tâche sur les textes de sa fidèle complice Mic Chamblas-Ploton, journaliste spécialisée en art des jardins. Ils se sont donc intéressés aux jardins de la famille Grimaldi qui leur ont ouvert les portes de leurs propriétés, souvent à caractère privé, et cela même au-delà des frontières de la principauté. L’ouvrage est, au fil des pages, argumenté par des citations du Prince Albert II de Monaco, au pouvoir depuis 2005, qui affirme dans la préface du livre « Les jardins sont pour chacun de nous des compagnons précieux, théâtres fidèles de nos vies et de nos émotions. Comme les livres que nous avons lus, ils demeurent longtemps des sources inépuisables de science et de rêve. ». La science sera ainsi révélée par les mots Mic Chamblas-Ploton et la rêverie au travers des prises de vue de Jean-Baptiste Leroux.

Bien qu’il soit le pays le plus densément peuplé au monde, Monaco avec sa réputation de ville très urbanisée n’a pas systématiquement dans l’esprit des gens, une image associée aux jardins, à l’exception du jardin exotique de Monaco*. Pourtant, le deuxième plus petit Etat indépendant du monde (2 km2 de superficie), après le Vatican, bénéficie d’une situation privilégiée sur la Méditerranée et à ce titre est donc propice à l’établissement d’une végétation exceptionnelle et exotique. Cet inventaire en images et textes des jardins de la famille Grimaldi est détaillé en trois parties proposant de découvrir les jardins « parures », puis les « intimes » et enfin les « savants ». Parmi les jardins parures, la promenade commence par ceux du palais princier qui ne sont pas ouverts à la visite. En effet, les visiteurs ne connaissent que le jardin des Visites et les floraisons roses de son arbre de Judée et de son cerisier du Japon. Les jardins privés du palais sont dévoilés sous la conduite de François Bonne, chef jardinier du palais depuis 1982. Autre jardin réputé, la Petite Afrique créée par Edouard André (1840-1911) en 1879. Cette partie des jardins du Casino (ou « des Boulingrins ») est la seule à avoir conservé le tracé d’origine imaginé par le grand paysagiste. En effet, au sein d’un jardin où, outre des installations permanentes (« Le Dimitrodon » de Claude Lalanne), exposent régulièrement des sculpteurs contemporains [Sophia Vari (2008), Manolo Valdés (2009)], se cache une partie méconnue organisée autour d’une rivière serpentine. Une végétation exubérante y prend place, évoquant des contrées lointaines : ficus, palmiers, érythrines, chorisias Sur le trajet reliant la cathédrale au musée océanographique, les jardins Saint-Martin sont un véritable balcon sur la mer, à la richesse botanique représentative du jardin méditerranéen. Quant à la roseraie Princesse Grace, au sein du parc paysager de Fontvieille, elle est dédiée à la mémoire de la Princesse Grace de Monaco (1929-1982), passionnée par les fleurs, et surtout des roses dont elle utilisait les pétales pour composer des tableaux. Aujourd’hui, sous les traits de la sculpture « La princesse du rocher » de Kees Verkade (1984), elle veille toujours sur les roses aux noms de ‘Grace de Monaco’, ‘Princesse de Monaco’, ‘Caroline de Monaco’, ‘Princesse Stéphanie’, ‘Botticelli’, ‘Sahara’

Parmi les jardins intimes, figure en première place le domaine de Rocagel, lieu demeurant en grande partie à l’état de nature où le prince Albert II vient trouver repos et sérénité dans un lieu ancré de souvenirs d’enfance et d’adolescence, avec un potager, une serre, un verger, un acacia rapporté des Etats-Unis par la princesse Grace, des rosiers, des saxifrages Propriété de la princesse Caroline, le Clos Saint-Pierre est sans doute le plus intime, avec un jardin arborant des accents italiens grâce à ses agrumes en pots et bougainvillées. Bien plus loin, le château de Marchais (Aisne) est un site romantique avec un parc comprenant prairie, rivière anglaise, canal et de grands arbres.

Sous l’appellation de « jardins savants », la dernière partie de l’ouvrage concerne des sites où la botanique est prépondérante à l’instar du jardin japonais de Monaco créé en 1990 et agrandi en 2000 par le paysagiste Yasuo Beppu. Jardin où le Prince Albert se rend le plus souvent, il comporte tous les éléments de l’archétype du jardin traditionnel : cascade, lac, pont rouge cintré, maison de thé, lanterne en granit, barrières en bambous, pierres Jardin le plus célèbre de Monaco, le jardin exotique n’est plus à présenter avec sa collection de plantes grasses installée depuis 1913 sur une falaise abrupte. Pourtant, les photographies de Jean-Baptiste Leroux avec des contre-jours du soleil levant, des plongées vers le quartier de Fontvieille ou la Méditerranée, les jeux d’ombre, parviennent à restituer en deux dimensions sa situation et la richesse des formes des plantes y ayant élu domicile. Enfin, l’arboretum Marcel Kroenlein à Roure (Alpes-Maritimes), établi à 1300 mètres d’altitude, auquel l’accès se fait par une route étroite en lacet, porte justement le nom du botaniste, Marcel Kroenlein (1928-1994), directeur du jardin exotique de Monaco (de 1969 à 1993) qui a créé cet arboretum de 12 hectares en 1987-1988. Il regroupe une collection d’essences forestières de montagnes du monde, mais aussi une galerie de plein air d’artistes contemporains, en mariant subtilement l’intérêt dendrologique à l’art.

Les photographies dévoilent au cours de ces visites de jardins leur patrimoine : statues, arbres, eau, animaux (canards, carpes koï, chiens, lamas, oies de Guinée, vaches), feuillages d’automne... La flore est en effet aussi à l’honneur (agaves, alocasias, aloès, arbre aux quarante écus, bananiers, coussins de belle-mère, ficus, hibiscus, oliviers, pins d’Alep, plumbagos, roses). Outre les prises de vues actuelles, l’iconographie comporte quelques photographies d’archives, dévoilant des instants privés de la famille Grimaldi. Cet ouvrage est donc une visite avec une présence princière soit au gré des propos du Prince Albert II de Monaco (« Un jardin est un lieu de découverte constante car il change au gré des saisons, de ses humeurs, du temps qu’il fait et du temps qui passe ») soit au fil du souvenir de ses regrettés parents. Ainsi il est aisé d’imaginer la princesse Grace venant régulièrement lire dans les jardins du palais ou encore le prince Rainier III promenant ses deux filles dans les allées du parc du château de Marchais. Ce dernier était un « prince jardinier », plantant des oliviers, mais aussi avec des considérations pratiques, veillant notamment à ce que les allées des jardins soient suffisamment larges pour permettre à deux personnes de circuler sans interrompre leur conversation.

Que ce soit dans l’intimité d’un cadre mis en scène au fil des siècles par la dynastie des Grimaldi, ou dans des jardins accessibles au public, qu’ils soient monégasques ou français, le regard de Jean-Baptiste Leroux, comme toujours, sait habilement en retranscrire la lumière et les atmosphères. A la lecture de ces pages, plus jamais le « Rocher » ne sera perçu comme avant. Le petit guide pratique en fin d’ouvrage communiquant également les horaires et conditions de visites des jardins accessibles au public incite d’ailleurs à le vérifier in situ.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur le jardin cité dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur le lien suivant :

Jardin exotique de Monaco



© Conservatoire des Jardins et Paysages / juillet 2009

 
160 pages - 35.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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