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Premières rencontres scientifiques européennes autour du Jardin des plantes de Montpellier, histoire de la botanique et restauration des jardins

   
Auteur : Sous la direction d’Elisabeth Motte-Florac, François Michaud & Françoise Olivier
Editeur : Sauramps médical
Date de dépôt : juillet 2007

Alors que les secondes « Rencontres scientifiques européennes autour du jardin des plantes de Montpellier » sont programmées pour les 22 et 23 mai 2008 avec comme thématique « Candolle à Montpellier : sciences, art et société 1808-1816 », il est utile de se plonger dans la lecture des actes de la première édition parus l’an passé, dans laquelle sont reprises les différentes interventions des deux journées des 19 et 20 mai 2006, placées sous le thème « Histoire de la botanique et restauration des jardins ». Ces journées avaient pour but d'accompagner la mise en uvre de l'étude préalable à la restauration du jardin des plantes de Montpellier* (Hérault) imaginée pour ce début de XXIe siècle pour le sortir de sa « léthargie ». Ce site est connu pour être le plus ancien jardin botanique de France (créé le 8 décembre 1593), ce qui lui vaut une reconnaissance en qualité de patrimoine national (1er jardin botanique classé au titre des Monuments historiques), mais qui a bien souffert depuis la fin des années 1970, l'enseignement de la botanique ayant disparu des cursus des médecins.

L'avant-propos de ces actes est signé de Dominique Deville de Périère, présidente depuis 2004 de l'Université Montpellier 1 (gérant le jardin des plantes), et membre de la famille du professeur Hervé Harant (1901-1986) qui fut durant une trentaine d'années (1951-1977) responsable dudit jardin, mais surtout l'artisan de sa restauration à l'après-guerre. La présidente rappelle la place de ce jardin dans l'histoire mondiale de la botanique et l'importance de le sauvegarder. Suivent trois introductions rendant hommage à la mise en place de ces rencontres. Elles sont signées par François Michaud, ingénieur horticole, historien des jardins et responsable du pôle Patrimoine historique à l’UM1, Françoise Olivier, chargée de la valorisation et du mécénat au pôle Patrimoine historique à l’UM1, et Elisabeth Motte-Florac, ethnopharmacologue, botaniste et maître de conférences à l’UM1.

Les trois parties de ces rencontres sont respectivement dédiées à l'histoire de la botanique à Montpellier, aux exemples de restaurations de jardins botaniques et en dernier lieu, aux sciences, techniques et disciplines au service de la réhabilitation des jardins. Les premières interventions rendent hommage aux botanistes ayant officié à Montpellier ou liés à l’histoire de la botanique montpelliéraine comme Guillaume Rondelet (1507-1566), Pierre Richer de Belleval (1564-1632), Pierre Magnol (1638-1715), Carl von Linné (1707-1778) par relations épistolaires, Charles Flahault (1852-1935) En filigrane au travail de ces hommes, l’évolution des collections végétales de Montpellier se révèle. La notion d’« architecture des plantes », née dans les années 1970, suite aux travaux de recherches à Montpellier des botanistes Francis Hallé et Roeloff Oldeman est rappelée. Elle est basée sur l’identification d’une vingtaine de modèles architecturaux morphologiques (croissance, ramification), concept développé à travers l’exemple de l’allée des Ginkgo du Jardin des plantes. La relation entre plantes et médecins est aussi soulevée à travers l’exemple du droguier de la Faculté de pharmacie de Montpellier, où sont stockées les plantes sous formes « sèches et en morceaux ». Riche de 15 000 échantillons, il occupe le deuxième rang de France après celui de Paris. L’intervention de Françoise Dubost retrace également la place des sociétés savantes d’horticulture et notamment dans l’Hérault. « Qu’arrive-t-il donc au Jardin des plantes de Montpellier ? Il se meurt. ». C’est en ces termes alarmistes que commence la deuxième partie de ces rencontres consacrées à des exemples de restaurations de jardins botaniques. Ces mots sont ceux de Dominique Larpin, architecte en chef des Monuments historiques, qui en 2002-2003 a été chargé d’une étude d’avant-projet de restauration. Cette démarche a permis de poser la question du rôle d’un jardin botanique qui, au-delà de sa mission scientifique, a également une valeur paysagère intrinsèque dépassant les cadres souvent régulièrement géométriques. La valeur historique de ces lieux et notamment celui de Montpellier implique sa sauvegarde tout en soulevant la nécessité d'un programme précis sur le plan scientifique, mais aussi pédagogique, patrimonial et « citadin ». Deux exemples de restaurations récentes sont ensuite développés, les deux plus proches jardins botaniques voisins méditerranéens. A savoir celui de l’Université de Padoue (Italie), classé au patrimoine mondial de l'humanité par l'UNESCO, pour le premier et le second, le jardin botanique royal de Madrid (Espagne) qui, lui aussi a été restauré et réapproprié par les Madrilènes. L’intervention de Nicolas Gilsoul aborde les jardins à l’abandon de Tacubaya à Mexico où l'architecte Luis Barragán (1902-1988), lauréat du prix Pritzker en 1980, a maîtrisé le paysage au travers d’une habile mise en scène du regard. La dernière partie de ces rencontres montpelliéraines est marquée par l’intervention de l’incontournable Monique Mosser, historienne de l’architecture des jardins, responsable du master « Jardins historiques, patrimoine et paysages » à l’Ecole d’architecture de Versailles (Yvelines). Elle met en avant le regain d’intérêt pour les jardins depuis les années 1980 et l'avantage des équipes pluridisciplinaires lors des études de restauration des jardins botaniques couvrant les champs variés de l’architecture, du paysage, de l’histoire, de la botanique, de l’archéologie, de la topographie, de la géographie Elle insiste aussi sur la prise en compte de l’histoire des savoirs horticoles comme la problématique des nomenclatures adoptées avant celle de Carl von Linné. Frédérique Boura souligne l’importance de l’archéologie des jardins, ce qu’elle permet de prouver et retrouver depuis sa naissance dans les années 1920 en Campanie lors des chantiers de fouilles autour du Vésuve. Les exemples anglo-saxons des années 1980 sont aussi salués comme ceux dans les années 1990 en France dus à l’archéologue Anne Allimant. Quant à Marie-Françoise Diot, elle aborde les avantages de la palynologie (études des grains de pollens et des spores de végétaux du milieu naturel) dans les chantiers de fouilles de jardins historiques. Enfin, il faut louer la retranscription de la table ronde ayant clôturé les deux journées d'échanges, permettant de retrouver la richesse des échanges de ces deux journées. Au cours des différentes interventions, plusieurs jardins sont cités en qualité de références à l’instar de l’arboretum de Balaine* à Villeneuve-sur-Allier (Allier), du parc de Courances* (Essonne), de celui de Méréville (Essonne), des jardins du palais d’Hampton Court à Londres (Angleterre), de ceux de Vallery (Yonne) ou encore du jardin du château de la Bâtie d’Urfé* à Saint-Etienne-le-Molard (Loire). La majeure partie des interventions de ces rencontres est illustrée de gravures, photographies, pages d’herbier et autres documents d’archives et également étayée par des notes de bas de pages. Cependant, l'intervention de René Lecoustre, vice-président de notre association, intitulée « L’image calculée, les plantes AMAP ®, outils pour la reconstitution virtuelle des paysages et des jardins », n'a pas été reprise au sommaire de ces actes, mais elle est néanmoins évoquée par Elisabeth Motte-Florac. A chaque fois, une sérieuse bibliographie permet de prolonger la réflexion sur les thèmes débattus. Ces actes ont l’avantage de retracer la fabuleuse aventure de Montpellier et de mettre en avant principes et exemples de restauration de jardins en soulevant l'importance de la définition d'un programme précis à définir dans un tel cadre sans oublier la valeur patrimoniale des jardins des plantes. Il est à souhaiter que les prochaines journées des 22 et 23 mai 2008, à l’occasion du bicentenaire de la nomination à Montpellier du botaniste et biogéographe Pyramus de Candolle (1778-1841), seront une étape clef supplémentaire sur la route de la restauration du jardin des plantes de Montpellier et généreront la publication d’actes d’une pareille qualité à celle de cette première édition.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Jardin des plantes de Montpellier

Arboretum de Balaine

Parc de Courances

Jardin du château de la Bâtie d’Urfé



© Conservatoire des Jardins et Paysages / mars 2008

 
180 pages - 20.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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