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Jardins caennais en liberté

   
Auteur : Annie Fettu
Editeur : OREP
Date de dépôt : 2004

Caen, chef-lieu du Calvados, est une ville historique où Guillaume le Conquérant fit construire un château et deux abbayes bénédictines. Marquée par la guerre de Cent ans et surtout la seconde guerre mondiale, c'est aujourd'hui une cité associée à la notion de paix, en particulier depuis l’ouverture au public en 1988 du désormais célèbre Mémorial. Mais Caen est aussi une ville verte et cet ouvrage s'attache à le démontrer. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder le plan de la ville en introduction, permettant le repérage des 25 jardins décrits au fil des pages. Avant de les découvrir, la ville est présentée ainsi que l'histoire de ses jardins avec notamment une chronologie allant de 1026 (première mention, dans une charte ducale de Caen, de prairies et de vignes) à 2004 (inauguration du jardin britannique du souvenir par son altesse royale le prince de Galles). La capitale de Basse-Normandie a été marquée par des jardins de tout temps et ceci depuis le Moyen âge avec des jardins monastiques dans les abbayes composés de trois éléments : l'hortus (potager), le virgulatum (verger) et l'herbularius (jardin de simples). A la même époque, le seigneur a aussi un jardin d'agrément et parfois les vilains un courtil. La Renaissance voit l'apparition de nouvelles plantes comme melons, courgettes et tulipes et les décors s'enrichissent de fontaines, péristyles et statues. Au grand siècle, après Montpellier (Hérault) et Paris, Caen est la troisième ville à se lancer dans la création d'un jardin botanique. Cet intérêt botanique caennais est confirmé par la publication en 1658 de « Le floriste françois » par Charles de la Chesnoy-Monstereul. Au siècle des Lumières un autre normand, François-Henri, duc d'Harcourt (1726-1802), rédige un texte essentiel, le « Traité de la décoration des dehors, des jardins et des parcs » (1775). A la même époque, Turgot, gouverneur de la Guyane française développe à Ussy (Calvados) les pépinières du Roy. Le XIXe siècle est celui de la création des jardins publics, des sociétés savantes (société Linnéenne, Muséum d'histoire naturelle et Société d'horticulture de Caen) et de l'apparition des jardins ouvriers. Son activité horticole grandissante fait rester Caen dans les mémoires comme la ville des anémones (introduites en France en 1525), améliorées par les familles Pelpel et Quétel. Le XXe siècle est marqué par la reconstruction de la cité sinistrée à 73 %, devenue une « ville verte » grâce à une politique volontariste portant la surface d'espaces verts à 45 m2 par habitant, représentant 20 % de sa surface totale avec plus de 42 000 arbres (chiffres de 1997). Aujourd'hui, Caen est aussi réputée pour être une pionnière dans la lutte biologique avec son expérience des coccinelles employées pour vaincre les pucerons. Ainsi, chaque printemps, des larves sont distribuées aux Caennais.

Le patrimoine vert est ensuite décliné, site par site, au fil des pages à l'appui d'une belle iconographie en couleurs (prises de vue, cartes postales anciennes, plans, photographies de feuilles d'arbres....). Le plus célèbre des jardins caennais est évidemment le jardin des plantes* auquel 20 pages sont consacrées. Il est dû au professeur de médecine, Jean-Baptiste Callard de la Ducquerie (1630-1718), qui achète sur ses propres fonds un jardin en 1689 pour rassembler des plantes à proximité de la Faculté et, de cette manière, faciliter l'enseignement de la botanique. Outre l'histoire du site, sont présentés les plans et le patrimoine (le papillon en mosaïculture, les nouvelles serres, le local de la baleine, la bibliothèque, les sculptures). Autre site réputé, le parc floral de la Colline aux oiseaux, aménagé sur une ancienne décharge, a été ouvert au public en 1994 à l'occasion des « Floralies de Caen » pour le cinquantième anniversaire du débarquement des alliés en Normandie. Il comporte une exceptionnelle roseraie, riche de plus de 15 000 plants dont 'A Caen la paix', hybride de rose-thé à grande fleur rose vif, baptisé lors de l'inauguration du parc. Outre la roseraie, ce site comporte un labyrinthe, une collection de dahlias, « la Normandie miniature » (reproduction de la région au 1/1000), un arboretum... A proximité, le parc international du Mémorial de Caen est constitué d’un jardin américain, d’un autre dit « canadien du souvenir », et d’un « britannique du souvenir » ainsi que plusieurs arbres commémoratifs et quatre poutrelles provenant du World Trade Center de New York (Etats-Unis) détruit le 11 septembre 2001. D'autres jardins sont aussi présentés comme la Prairie, les jardins du château de Caen avec une collection de simples, les jardins de l'Hôtel de ville (anciennement de l’abbaye aux Hommes), les jardins du musée d'Initiation à la nature, le parc Michel d’Ornano (celui de l’ancienne abbaye aux Dames) avec son emblématique « limaçon », marqué d'un chemin en spirale souligné par une haie de buis pour atteindre à son sommet un cèdre du Liban. Autre lieu de détente apprécié, la vallée des jardins attire autant les amateurs de nature que ceux du jogging. D'autres sites moins connus sont à découvrir dans ce guide pratique à l'instar du jardin des Poètes, du parc Saint-Paul ou encore du délirant témoin de l'art brut, le jardin-musée de la Luna Rosa, aux étranges statues colorées émergeant des fleurs et des légumes. Il est évident qu'à la lecture de ce guide pratique, les visiteurs apprécieront Caen comme une ville historique, verte, écologique et moderne.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur le jardin cité dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur le lien suivant :

Jardin des plantes de Caen



© Conservatoire des Jardins et Paysages / novembre 2007

 
84 pages - 8.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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