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Le jardin médiéval

   
Auteur : Josy Marty-Dufaut
Editeur : Heimdal, collection « Moyen âge », Hors-série n° 20
Date de dépôt : 2006

Josy Marty-Dufaut, professeur de lettres passionnée d’histoire et de littérature, travaille sur le Moyen âge, sa cuisine et ses jardins. Elle est l'auteur du livre « Le potager du Moyen âge, créez votre jardin médiéval » également présenté dans cette même rubrique Internet. Dans ce hors-série de la collection « Moyen âge », elle s’attache à explorer la symbolique du jardin médiéval et sa structure en proposant surtout une importante sélection de plantes cultivées à cette époque. Cette étude sort dans une période où l’intérêt pour les jardins médiévaux est toujours vif. L’auteur revient aussi sur la culture de plantes abandonnées au fil du temps à l'instar de l'emblématique mandragore, aux vertus prétendues magiques, et qui fait encore l'objet de larcins au sein de certains jardins conservatoires français. La première étape de ce récit est l'histoire des jardins depuis Babylone en passant par l'Egypte, la Grèce antique, Rome et les jardins arabes. Les jardins médiévaux sont quant à eux déclinés par thématiques (d'édifices religieux, de cloîtres, de moines, de paysans, urbains, de châteaux) et au travers de leur symbolisme (sacré, profane, littéraire). Ces symboles se retrouvent dans l'art et notamment à travers les tapisseries ou des toiles ou comme « Le jardin des délices » (vers 1503-1504) de Jérôme Bosch. L'auteur s'attache ensuite à développer l'agencement du jardin avec les clôtures, les palissades, les plessis, les treillis, les claies, les berceaux, les tonnelles, les banquettes de verdure, les plates-bandes, les pavements, les préaux, les fontaines Les outils sont ensuite passés en revue comme la houe, la pioche, la serpette, la griffe sans oublier la chantepleure, cet ancêtre de l'arrosoir en terre percée et fonctionnant en obturant ou pas son extrémité à l'aide du pouce. Les plantes alors cultivées sont ensuite révélées grâce à des ouvrages de références comme les poèmes, les manuscrits culinaires, les herbiers, les livres d'heures et bien sûr le célèbre « Capitulaire de Villis Vel Curtis Imperii » (ordonnance de 795 de Charlemagne). D’autres manuscrits de référence sont aussi de précieuses sources pour les historiens comme des ouvrages arabes, d’autres de l'école de Salerne (Italie), le « Livre des subtilités des créatures divines » de l'abbesse Hildegarde de Bingen (XIIe siècle), le « De vegetalibus » d'Albert le Grand (XIIIe siècle) ou le « Livre des propriétés des choses » de Barthélémy l'Anglais (1230-1240). Les plantes de deux documents de référence sont encore plus détaillées, c’est-à-dire celles référencées dans le « Capitulaire de Villis Vel Curtis Imperii » et celles mentionnées sur le plan carolingien du IXe siècle du jardin de l'abbaye de Saint-Gall (Suisse). Ces descriptions sont l'occasion de revenir sur leurs propriétés culinaires, médicinales et magiques. Toutes les plantes traditionnelles des jardins du Moyen âge sont ensuite passées en revue au fil du calendrier horticole, méthode habile pour toute personne souhaitant se lancer dans la réalisation d'un jardin d'inspiration médiévale en tenant compte de son aspect au fil des saisons. Cette année passe du gui au cognassier, sans oublier la fumeterre, le narcisse, le crocus, le tussilage, la marjolaine, l'iris, la nigelle de Damas, la rose, le muguet, la pivoine officinale, l'aigremoine, la pimprenelle, le pastel, la digitale, la coriandre, l'aristoloche, l'hysope, la garance, le smilax, le néflier, le lin, le sureau, le panais, l'alkékenge... A chaque fois, les travaux agricoles du mois considéré sont rappelés et toute plante est décrite avec son origine, son histoire, ses propriétés médicinales, culinaires voire aphrodisiaques notamment à l’appui des connaissances d’Hildegarde de Bingen. L’iconographie comporte notamment des prises de vues au sein des jardins du prieuré Notre-Dame d'Orsan* à Maisonnais (Cher) ou de ceux du prieuré de Salagon* à Mane (Alpes de Haute-Provence). Rien de tels pour apprécier l’ambiance de ces jardins que d’en visiter, c’est pourquoi ce fascicule comporte en dernier lieu une liste de jardins d'inspiration médiévale à visiter région par région comme en Alsace celui de la Maison des châteaux à Obersteinbach (Bas-Rhin), le jardin gothique du musée de l’uvre de Notre-Dame* à Strasbourg (Bas-Rhin) ou lejardin monastique à Eschau (Bas-Rhin). En Aquitaine, il est possible de découvrir les jardins de la Brande à Fouleix (Dordogne), « Oh ! Légumes oubliés » à Sadirac (Gironde) et encore le jardin des Plantes de nos Grands-mères à Arengosse (Landes). Les Auvergnats peuvent se rendre au jardin ethnobotanique à Antignac (Cantal) ou au jardin des Croisades - Busséol* à Vic-le-Comte (Puy de Dôme). Les Bretons, quant à eux, ont la possibilité de découvrir le parc du château de la Roche Jagu* à Ploëzal (Côtes d’Armor), le courtil des Senteurs à Quévert (Côtes d’Armor), le jardin du Presbytère à Saint-André-des-Eaux (Côtes d’Armor) et le parc et les jardins de l’abbaye de Daoulas* (Finistère). En région Centre, un des plus beaux exemples est le jardin médiéval de Bois Richeux à Pierres Maintenon* (Eure-et-Loir), mais le récent jardin d'inspiration médiévale du donjon de Loches (Indre-et-Loire) est aussi à apprécier. En Haute-Corse, il ne faut pas manquer le nouveau parc botanique de Saleccia à Monticello. En Ile-de-France, l’un des exemples les plus cités est le jardin médiéval de la commanderie des Templiers à Coulommiers (Seine-et-Marne). Plus méridionale, la région Languedoc-Roussillon possède des exemples marquants comme le parc du Terral à Saint-Jean de Védas (Hérault), le domaine médiéval des Champs à Chanac (Lozère), le jardin du prieuré de Serrabone à Boule d’Amont (Pyrénées-orientales) et le jardin médiéval d’Uzès (Gard). En Limousin, peu de personnes connaissent le jardin des sens « Passerelle entre les générations » à Nexon (Haute-Vienne). La Lorraine est à découvrir pour les jardins de l’abbaye Notre-Dame d’Autrey (Vosges) et le jardin médiéval de Rodemack (Moselle). En Midi-Pyrénées, les amateurs de Moyen âge apprécieront l’Eden médiéval du château du Colombier* à Mondalazac (Aveyron), les jardins botaniques de Terran à Sengouagnet (Haute-Garonne) et le jardin de l'abbaye de Flaran à Valence-sur-Baïse (Gers). En Normandie, le jardin du Cloître* au Mont-Saint-Michel (Manche) est un intéressant exemple d’interprétation de jardin médiéval. Dans les Pays de la Loire, le jardin de plantes médicinales de Chemillé (Maine-et-Loire), les jardins de l’abbaye royale de Fontevraud-l’Abbaye (Maine-et-Loire) et le jardin médiéval de la Chevalerie de Sacé à Brain-sur-Allonnes (Maine-et-Loire) présentent chacun dans leur genre une vision du Moyen âge. En Picardie, l’Herbarium des Remparts* à Saint-Valery-sur-Somme (Somme) est un jardin au charme indiscutable. En Poitou-Charentes, les exemples sont nombreux : le jardin monastique médiéval* à Tusson (Charente), le jardin de la Guyonnière* à Beaulieu-sous-Parthenay (Deux-Sèvres), le jardin Carolingien des mines d’argent des Rois francs à Melle (Deux-Sèvres), le jardin de l'abbaye de Nouaillé-Maupertuis (Vienne), le jardin médiéval de Dignac (Charente) Le jardin des Senteurs à Figanières (Var) et le jardin du château de l'Empéri à Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône) sont deux exemples méconnus de jardins provençaux. Enfin, en Rhône-Alpes, le jardin de la maison des Princes à Pérouges (Ain) et le Labyrinthe - jardin des Cinq Sens ®* à Yvoire (Haute-Savoie) ont en commun de se situer au sein de villages parmi les plus beaux de France. Les jardins d'inspiration médiévale sont donc un prétexte de retrouver non seulement les racines oubliées comme certaines plantes et surtout les propres racines de notre civilisation. Deux ouvrages édités par la Maison de l’Outil et de la pensée ouvrière (« Le jardin monastique médiéval, la métaphore du Paradis » et « Les saveurs de Saint-Gall, un jardin potager médiéval ») sont deux lectures complémentaires sur le thème du jardin médiéval proposées au sein de cette même rubrique Internet.

* Plus d’informations

Pour en savoir davantage sur les jardins cités dans cette notice, il suffit d’un simple clic sur les liens suivants :

Jardins du prieuré Notre-Dame d'Orsan

Jardins du prieuré de Salagon

Jardin gothique du musée de l’uvre de Notre-Dame

Jardin des Croisades - Busséol

Parc du château de la Roche Jagu

Parc et jardins de l’abbaye de Daoulas

Jardin médiéval de Bois Richeux

Eden médiéval du château du Colombier

Jardin du Cloître

Herbarium des Remparts

Jardin monastique médiéval

Labyrinthe - Jardin des Cinq Sens ®



© Conservatoire des Jardins et Paysages / février 2007

 
64 pages - 8.00 €
     
   
   
   
 
   
 
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